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Merci Marlène pour ce partage de ta playlist de test. De belles idées à reprendre !
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Tout le plaisir a été pour moi
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Samson François dans le concerto de Ravel: c'est aussi mon préféré.
Je partage ton point de vue sur Karajan, quelques très bonnes choses mais c'est tout. Comme le dit souvent un ami africain: "beaucoup de mousse mais peu de chocolat".
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Bonjour Marlène,
D’abord, bravo pour la patience et la rigueur consacrées à ces comparaisons ! Comparer vingt-cinq extraits de cette façon, je reconnais que j’en serais incapable : j’aurais vite fait de me laisser embarquer par une interprétation et d’oublier le comparatif.
Concernant Immerseel, je comprends tout à fait que tu préfères Karajan. Ton « pardon Inrin » m’a néanmoins interpellée : j’ai été surprise de lire « tristounette et maigrichonne », tant ton enthousiasme lors de l’écoute chez moi m’avait laissé un autre souvenir. Au point que tu avais commandé sur-le-champ le dernier coffret disponible, sous les yeux ébahis de Didier et les miens !
Cela me fait surtout réfléchir à ce qui intervient dans notre perception : l’état d’esprit, le moment de l’écoute, mais aussi le système qui restitue la musique. Chez moi, cette interprétation nous avait paru tout sauf maigrichonne et tristounette.
Ce que tu trouves maigrichon correspond peut-être aussi, par moments, à ce que je qualifierais plutôt de dépouillé. J’aime justement ces passages où la texture s’allège et où les pupitres dialoguent : j’ai presque l’impression de voir les musiciens se répondre. Ce sentiment de présence, que je retrouve également chez Blomstedt, donne pour moi une dimension particulièrement humaine à l’œuvre. La beauté de la cohésion d’ensemble me frappe davantage chez Karajan ; chez Immerseel, ce sont aussi ces voix distinctes et leurs échanges qui me touchent.
De mon côté, je me suis amusée à réécouter cet Allegretto de la Septième sous différentes baguettes. Dans mon humeur du moment, Kleiber reprend la tête, mais d’un cheveu devant Herbert Blomstedt avec le Gewandhaus de Leipzig. Si tu ne connais pas cette dernière version, je t’invite vraiment à l’écouter.
J’ai également réécouté Karajan avec plaisir. J’y ai trouvé du raffinement, de l’élégance, et moins ce caractère parfois un peu brut de décoffrage que je peux ressentir ailleurs chez lui. En revanche, il me manque cette respiration et cette pulsation dansante que j’aime chez Immerseel. Chez Kleiber, la respiration me paraît davantage tenue par la tension, mais celle-ci est telle qu’elle me laisse suspendue, jusqu’à retenir mon souffle. Chez Karajan, j’admire la beauté de ce que j’entends, mais je reste moins saisie.
Blomstedt me touche justement par son équilibre entre la tension qui monte, la gravité presque funèbre, parfois martiale, et cette pulsation qui conserve son caractère dansant. J’apprécie également sa disposition antiphonique des violons et le dialogue qu’elle permet d’entendre entre les pupitres.
Chez Immerseel aussi, je ressens à la fois la gravité et la danse. Cette dernière dimension compte beaucoup pour moi dans une symphonie que Wagner qualifiait d’« apothéose de la danse ». Sa démarche historiquement informée et les timbres des instruments d’époque contribuent sans doute à cette impression d’une lecture proche de l’univers sonore de Beethoven. Mes Living Voice mettent particulièrement bien en valeur, à mes oreilles, les couleurs et les textures de ces instruments, notamment des cordes.
Nos préférences restent évidemment personnelles, et les miennes peuvent évoluer au fil des écoutes. Mais ce dépouillement, ces échanges et cette respiration sont précisément ce qui me touche dans cette version.
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Salut Enrin,
je profite de ton intervention pour te poser une question ; je me permets parce que nous l'avons évoqué avec Marlène chez elle l'autre jour :
Tu as mentionné ici le fait que "Le deuxième mouvement de la 41 de Mozart serait encore plus redoutable pour juger de la qualité d’un système , toujours avec JV Immerseel."
Alors je suis allé le trouver sur Qobuz, ce qui m'a amené là-dessus.
J'espère que c'est l'enregistrement que tu évoquais.
Ma question (que j'ai posée à Marlène et qui m'a répondu "ben non", même si à mes oreilles l'écoute sur son système a révélé la même chose, de manière quand même moins nette que sur le mien) :
Sur cet enregistrement, j'ai l'impression que les violons sont voilés, qu'ils manquent de timbre -pour forcer le trait, j'ai un sentiment de violons en plastique Fischer Price ! :-) ... bon, pour être plus mesuré je dirais que je trouve les cordes en général un peu "propres sur elles", lisses.
Je dis ça en comparaison avec le rendu des cordes sur mon système en général, c'est vraiment quelque chose qui m'a surpris précisément sur cet enregistrement.
Si c'est bien "ton" enregistrement, est-ce que tu entends la même chose ?
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Bonjour,
Je possède cet enregistrement sur CD et je suis en train de l'écouter : je n'ai pas du tout cette sensation, c est très subtil Et je pense qu'Enrin non plus, tout comme Marlène.
Il y a à cela plusieurs raisons.
Tout d'abord, les instruments sont d'époque : les cordes sont en boyau, et non en métal comme sur les orchestres modernes. Sur ces instruments anciens, le son est naturellement plus mat, sans le gros vibrato ni la réverbération flatteuse que l'on retrouve dans le répertoire romantique. C'est une écoute sans fard, ce qui est donc tout à fait normal.
Le système de Marlène joue aussi son rôle : les KEF R700 sont droites, elles ne trichent pas, et leur haut-parleur coaxial offre une mise en phase parfaite. De son côté, son Dayens apporte une belle touche analogique, soyeuse et fluide. En adoucissant un soupçon les hautes fréquences, il apporte une vraie homogénéité au message, rendant le tout plus "musical" que purement "HiFi". Cela va totalement dans le sens du ressenti de Marlène.
Sur ton système, d'après ce que j'en lis (et du fait que tu sois peut-être plus habitué à écouter des instruments modernes), la configuration caricature un peu cette musique. Il y a probablement un manque lorsqu'il s'agit de restituer la plénitude, la respiration, et surtout d'offrir la gestion d'harmoniques nécessaire pour décoder un message aussi complexe et subtil que des cordes en boyau. Faute de pouvoir en extraire la texture organique, ton système simplifie et sature les timbres, d'où cette sensation de "Fischer Price".
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Bonjour Lapinou,
Didier a déjà répondu sur une bonne partie des points. Je me demande effectivement si la capacité du système à restituer les nuances les plus fines ne joue pas beaucoup ici : il y a une délicatesse et une richesse de textures qui demandent à être pleinement déployées.
Cela tombe bien : j’avais justement prévu d’écouter les 39e, 40e et 41e aujourd’hui ! À mes oreilles, cet Andante cantabile est d’une grande subtilité. Les différents pupitres se répondent, notamment ces fameux violons, qui peuvent paraître un peu en retrait à certains moments, mais dont les interventions s’inscrivent dans un dialogue avec les autres cordes et les vents. Puis les lignes se superposent, les couleurs se mêlent sans perdre leur individualité, et je trouve cela tout simplement magnifique.
Je comprends donc que Marlène ne partage pas ton ressenti : l’association de ses KEF et de son Dayens me semble aller, dans une certaine mesure, dans le sens de ce que j’apprécie avec mes Living Voice et mon EAR, notamment cette recherche de matière et de fluidité. Je suis d’autant plus surprise que tu aies retrouvé cette impression chez elle.
Peut-être les timbres des instruments d’époque te sont-ils moins familiers ? Ce que tu décris comme lisse ou manquant de timbre, je le perçois ici comme de la délicatesse, avec du grain et des nuances très fines. En tout cas, je n’entends absolument pas de violons en plastique.
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